Sous la jupe de l’intention du Groupe Omio d’acquérir Rail Europe

C’est la nouvelle du jour dans l’industrie du transport ferroviaire : le Groupe Omio souhaite acquérir Rail Europe, et le second ne dit pas non.

En apparence, ce n’est pas tant une affaire de gros sous. La transaction relèverait davantage d’une intention de fusion, pour parvenir à ceci : fusionner l’infrastructure numérique de la société de réservation Omio avec le réseau de distribution international de Rail Europe.

Dit autrement, on veut parvenir à ceci : inscrire le projet dans une logique de complémentarité. Celle-ci : si le projet se réalise, le Groupe Omio comblerait le volet technique, Rail Europe comblerait le volet commercial.

Selon les deux entités, c’est le « à eux deux » qui deviendrait intéressant, aussi bien pour les voyageurs que pour les entreprises de notre industrie (agences, tours opérateurs, etc.).

Dit autrement, c’est l’histoire de deux grosses machines qui veulent en créer une plus grosse encore. Pour en arriver à ce premier stade, selon les deux concernés : « rendre le voyage en train connecté, accessible et abordable pour tous ». Et pour éventuellement en arriver à ce deuxième, selon des analystes qui regardent plus loin : favoriser encore davantage un report des voyageurs de la route et de l’aérien vers le train. Omio et Rail Europe le disent ainsi : accélérer le développement des liaisons ferroviaires internationales.

L’ère dans laquelle on vit (pollution aérienne, congestion sur les routes et sur les tarmacs, etc.) nous informe que ces objectifs ultimes relèvent sans doute de l’urgence d’action.

Sur papier

L’intention d’acquisition est, pour l’instant, sur papier. Omio a officialisé un accord en vue d’acquérir Rail Europe, entreprise spécialisée dans la distribution interentreprises (B2B) de billets de train. Cette opération vise à fusionner l’infrastructure numérique de la société de réservation avec le réseau de distribution international de Rail Europe.

L’intention d’acquisition est soumise à une consultation du CSE (Comité social et économique), qui émettra un avis consultatif sur l’opération. La transaction ne sera finalisée qu’à l’issue de cette consultation.

Dans le concret

Si l’acquisition se réalise, Rail Europe intégrera le Groupe Omio et rejoindra sa plateforme de réservation B2C, son activité de distribution B2B et sa marque de découverte de voyages, Rome2Rio.

Selon les deux entreprises, si l’intégration de Rail Europe voit le jour, Omio vendra 22 millions de billets de train par an, collaborera avec plus de 28 000 opérateurs de transport et agences de voyage, et proposera l’offre de transport terrestre jugée « la plus complète au monde ».

Rail Europe continuerait d’opérer sous sa marque actuelle, au service de ses partenaires B2B et des voyageurs, « tout en bénéficiant de l’ensemble des technologies, des capacités de sa plateforme et de l’offre multimodale du Groupe Omio ».

Dit autrement, cette acquisition permettrait à Omio d’accéder au réseau mondial d’agences de voyages et d’opérateurs de Rail Europe, qui est présent dans plus de 70 pays.

« Cette acquisition donnerait naissance à un nouveau leader de la distribution ferroviaire à un moment charnière pour le transport ferroviaire. Le marché ferroviaire mondial devrait dépasser les 300 milliards de dollars d’ici 2032, les gouvernements européens investissant des centaines de milliards d’euros dans des projets d’infrastructures ferroviaires afin d’accroître la capacité » souligne-t-on dans le communiqué annonçant la nouvelle.

Un duo naturel

À la lecture des citations du communiqué, les deux entités semblent très contentes du projet. Le Groupe Omio argumente que « le secteur (du transport ferroviaire) a été trop longtemps freiné par des systèmes obsolètes et contrôlé par des acteurs dominants », tandis que Rail Europe considère que « Omio et Rail Europe forment un duo naturel ».

« Ensemble, nous offrirons davantage à nos voyageurs, à nos partenaires et au secteur ferroviaire que chacune des deux entreprises ne pourrait le faire individuellement » a déclaré Björn Bender, PDG et président exécutif de Rail Europe.

À suivre.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.