Que revendiquent les agents de bord de WestJet, et pourquoi

Les agents de bord de WestJet réclament de leur employeur d’être rémunérés pour les heures travaillées au sol, soit avant le décollage d’un avion.

Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore

C’est ici une situation de déjà-vu et ce, il n’y a pas si longtemps : réclamer d’être rémunéré pour les heures travaillées au sol fut le scénario identique qui a amené les agents de bord d’Air Canada a déclenché, eux aussi, la grève, à l’été 2025.

Retard salarial

Cela dit, comment explique-t-on la situation pour les agents de bord de WestJet ?

« Les agents de bord de WestJet sont syndiqués depuis moins longtemps que dans les autres compagnies aériennes, soit depuis 2018. Il y a un retard salarial important chez les agents de bord de WestJet, quand on compare aux autres transporteurs, que ce soit Air Transat ou Air Canada » expliquait l’ancien directeur québécois du Syndicat de la fonction publique, Marc Ranger, sur les ondes de Radio-Canada.

« Au Canada, les agents de bord sont, dans la très grande majorité, avec le même syndicat, celui du Syndicat canadien de la fonction publique. Donc, les agents de bord de WestJet veulent un rattrapage concernant ce retard salarial et ils veulent revoir toute la question du travail au sol non rémunéré. »

Système d’heures de crédit

La direction de WestJet assure, pour sa part, que toutes les tâches des agents de bord sont rémunérées, et ce même pour les tâches effectuées au sol, selon un système d’heures de crédit, plutôt qu’un taux horaire.

Selon les informations que nous avons obtenues, ce système d’heures de crédit viendrait bonifier la paye des employées pour le travail effectué au sol : « le système de crédit tient compte du travail fait avant le décollage de l’avion, au sol, expliquait le professeur en gestion et en droit à l’Université d’Ottawa, Gilles Levasseur, sur les ondes de Radio-Canada.

« Le problème, c’est comment est calculé, correctement, ce montant-là, quand c’est un système très général avec des normes qui ne sont pas bien définies. Donc, ce système ne permet pas de savoir si l’agent de bord a été payé pour tout le temps travaillé, pour telle portion de travail, et quel montant est versé pour ce travail. Les agents de bord n’ont pas le contrôle, pas la capacité de savoir s’ils ont été payés et combien. »

La proposition de WestJet

Selon les informations véhiculées par la direction de WestJet, les détails de la proposition faite aux agents de bord sont les suivants :

Augmentations salariales générales :

-À compter du 1er octobre 2026 : augmentation de 13,0 %

-À compter du 1er janvier 2027 : augmentation de 2,5 %

-À compter du 1er janvier 2028 : augmentation de 2,5 %

-À compter du 1er janvier 2029 : augmentation de 2,5 %

La direction de WestJet partage également les informations suivantes :

-Paiement rétroactif des salaires au 1er janvier 2026

-NOUVEAU : Prime de service – un paiement pour toutes les heures de service (salaire supplémentaire pour toutes les heures travaillées, destiné à répondre à la revendication du syndicat concernant le travail non rémunéré), équivalente à une augmentation salariale supplémentaire de 12 %

-Compte de dépenses de santé : 300 $ par an

-Augmentation significative des indemnités journalières (allocations repas) : augmentation de 13 % en 2026, puis de 2,5 % par an

-Cinquième semaine de vacances après 25 ans de service

-Congé de maternité prolongé à 17 semaines Post-partum

-Nouveau programme flexible à temps partiel (bloc réduit)

-Améliorations dites significatives de la planification et de la qualité de vie : une heure de repos supplémentaire à la base d’attache ; augmentation du temps de repos minimum hors base à une heure ; échanges de quarts partiels hors base

-Prime en cas de réaffectation à un vol non couvert au sein d’une base

-Durée maximale de service réduite pour les vols de trois segments ou plus Indemnité en cas de retard d’accès à une chambre d’hôtel lors d’une escale.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.