Chaos en perspective : Trump relance les interdictions d’entrée aux États-Unis

Alors que les voyages des Canadiens vers les États-Unis sont déjà en chute libre cette année, en raison de la montée des tarifs douaniers et des déclarations répétées du président Donald Trump évoquant l’idée de faire du Canada le 51e État, une nouvelle proclamation présidentielle pourrait aggraver cette tendance.

Le président Donald Trump a signé un décret invoquant des préoccupations de sécurité nationale pour interdire ou restreindre l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de près de 20 pays, principalement situés en Afrique et au Moyen-Orient.

La mesure entrera en vigueur le 9 juin à 00 h 01 (EST).

Douze pays font l’objet d’une interdiction totale d’entrée, dont l’Afghanistan, la Birmanie, le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen.

Des restrictions partielles s’appliqueront à des ressortissants du Burundi, de Cuba, du Laos, de la Sierra Leone, du Togo, du Turkménistan et du Venezuela.

« Nous ne voulons pas d’eux », a déclaré Donald Trump en annonçant la mesure.

Ce nouveau décret rappelle le controversé « Muslim ban » de 2017, qui avait entraîné une baisse immédiate des réservations internationales vers les États-Unis et causé d’importantes complications pour les conseillers en voyages.

À l’époque, les réservations en provenance du Moyen-Orient avaient chuté de plus de 37 %, tandis que la baisse mondiale avoisinait les 6,5 % dans les semaines suivant l’annonce.

Des compagnies aériennes comme Emirates avaient réduit leurs vols vers les États-Unis, et plusieurs voyagistes canadiens avaient observé une chute marquée des réservations vers des destinations américaines.

Répercussions pour les conseillers

Les conseillers en voyages doivent s’attendre à une nouvelle vague d’annulations et à un plus grand nombre de demandes de modifications d’itinéraires pour éviter les correspondances américaines, ce qui compliquera la planification des vols.

« Ce type de politique entraîne une confusion administrative, de l’incertitude pour de nombreux voyageurs, ainsi que des casse-têtes opérationnels et logistiques pour les compagnies aériennes », soulignait en 2017 l’analyste aérien indépendant John Strickland.

Au-delà des enjeux logistiques, cette mesure suscite de vives critiques chez les défenseurs des droits humains.

« Cette politique ne relève pas de la sécurité nationale; elle vise à semer la division et à diaboliser des communautés qui cherchent sécurité et opportunités aux États-Unis », a dénoncé Abby Maxman, présidente d’Oxfam America, dans une déclaration faite à l’Associated Press.

Cette annonce survient alors que les voyages des Canadiens vers les États-Unis sont en net recul.

Selon Statistique Canada, le nombre de retours par avion en provenance des États-Unis a chuté de 19,9 % en avril par rapport à l’année précédente, tandis que les retours par voie terrestre ont reculé de 35,2 %.

Parallèlement, les retours de Canadiens en provenance d’autres pays que les États-Unis ont augmenté de 9,9 %, ce qui témoigne d’une volonté croissante d’éviter les États-Unis, même comme simple point de transit.

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