Soit l’Espagne est plus bavarde que les autres. Soit les médias sont plus au fait de ce qui se passe en Espagne. De l’un ou de l’autre, voici le topo : les nouvelles traitant du surtourisme en Espagne n’arrêtent pas de faire les manchettes, mais aussi, elles dévoilent les horreurs derrière le vocabulaire répétitif.

Les problématiques que vit l’Espagne vont au-delà du « simple » nombre élevé d’individus dans un espace donné durant la haute saison touristique.
Ce qui fait vraiment mal, c’est ceci : avec la multiplication des visiteurs étrangers, vient la multiplication des comportements indésirables :
– débordements dus à l’ivresse de l’alcool
– des plages qui ressemblent à des cendriers à ciel ouvert
– des centres-villes aux allures de stationnement de voitures
– des plans d’eau qui deviennent des toilettes publiques.
Bref, des situations que personne d’entre nous voudrait vivre près de chez soi.
Liberté restreinte et encadrée, plus de contrôles, des amendes
Tout cela provoque ceci : « un certain nombre de nouvelles règles sont mises en place ou envisagées pour tenter d’équilibrer les besoins de la population locale et l’impact de l’augmentation du nombre de visiteurs » rapporte ici Euro News.
Voici un aperçu de ces nouvelles règles :
– taxes de séjour qui augmentent (parfois du double, dont à Barcelone)
– depuis le 1er juin, pour réprimer les débordements dus à l’ivresse, Barcelone interdit les tournées des bars dans le quartier historique de l’Eixample
– depuis mai 2024, aux Baléares, la consommation d’alcool est restreinte dans toutes les grandes stations balnéaires depuis mai 2024
– à Majorque, la ville de Soller a décidé d’interdire aux touristes de conduire dans le centre-ville en établissant une zone dite à faibles émissions
– dans plusieurs villes et stations balnéaires, il est désormais interdit par la loi de fumer sur les plages (53 plages d’Andalousie, 61 plages des îles Canaries et 18 plages de la Costa del Sol ont été déclarées non-fumeur. Sur la Costa Blanca, une plage sur quatre est interdite au tabac)
– faire pipi dans la mer est un crime : il y a deux ans, la ville de Vigo, dans le nord de l’Espagne, a introduit des amendes pour « évacuation physiologique sur la plage ou dans la mer ». Dans la foulée, Malaga a également interdit d’uriner sous l’eau sur 25 plages de la municipalité et envisage d’augmenter les amendes de 300 à 750 euros, rapporte Euro News
– à Torrox (Costa del Sol), il est désormais interdit d’installer des tentes de plage, gazebos et structures similaires sur la plage
Euro News rappelle cette situation :
« Torrox a fait les gros titres en 2014 lorsqu’elle est devenue la première municipalité de Malaga à infliger des amendes aux plagistes qui tentaient de réserver des places en laissant des chaises longues, des parasols ou des effets personnels sans surveillance. »

Pourquoi l’Espagne s’inquiète
L’Espagne s’inquiète de la situation pour trois raisons :
1-parce que les situations désagréables sont bien réelles
2-parce que les manifestations anti-tourisme se multiplient chaque année sur son territoire
3-parce que le pays connaît son pouvoir attractif : en 2024, l’Espagne a accueilli un nombre record de 94 millions de visiteurs, soit 10 % de plus qu’en 2023. Et pouvoir attractif = plus de touristes.
Les autorités savent que si elles ne font rien pour améliorer les choses, c’est le chaos qui les attend.





