Quand un méga aéroport ambitionne de redessiner la carte du ciel aérien

Nous entrons tout doucement encore davantage dans une ère de la démesure dans notre industrie : après Dubaï et ses folies des hauteurs et hôtel à 7 étoiles, c’est au tour de l’Arabie Saoudite de foncer comme un bulldozer dans la machine mondiale du tourisme.

Nous avons déjà abordé le sujet des ambitions de ce Royaume du point de vue projets hôteliers et autres constructions originales de toutes pièces comme la ville linéaire sortie tout droit de l’imaginaire et baptisée The Line.

Mais voilà que l’Arabie Saoudite planche sur une autre composante d’importance dans l’échiquier mondial des voyages : ses installations aéroportuaires.

C’est la ville de Riyad qui a tiré le bon numéro pour être celle qui est en train de voir pousser du désert un monstre : le King Salman International Airport (KSIA).

Le King Salman International Airport

Les autorités ont récemment dévoilé croquis et détails croquants sur ce que sera la bête :

– 57 km carrés de superficie

– 12 km carrés d’espaces résidentiels et récréatifs

– une zone immobilière

– six pistes d’atterrissage/décollage parallèles

– six terminaux pour passagers

– un terminal central accessible aussi bien aux voyageurs qu’aux visiteurs

– un terminal royal

– un terminal pour l’aviation privée

– une plateforme de fret et de logistique

– capacité de transiger deux millions de tonnes de fret par année

– capacité d’accueillir 125 millions de passagers par année dès sa première année d’opération (2030), puis 185 millions en 2050…

Bref, un méga‑hub aux allures de ville-aéroport, dont on lui prédit un débit opérationnel dit exceptionnel et cette identité : un pont entre l’Orient et l’Occident.

Le King Salman International Airport

Le King Salman International Airport est en cours de construction au nord de Riyad, sur une zone agrandie adjacente à l’Aéroport international Roi Khaled déjà existant.

Le projet est décrit ainsi : « un aéroport dont l’accent est mis sur l’innovation, une infrastructure numérique de pointe et une intégration harmonieuse avec la ville de Riyad, faisant de KSIA non seulement un point de transit, mais une destination à part entière. »

Les ambitions derrière les ambitions

Quand on gratte un peu plus, on découvre les autres ambitions de fond derrière les ambitions de front :

L’ambition no 1 :

Le projet de redéfinir la manière dont les aéroports servent les voyageurs et les communautés, peut-on lire dans le site Internet de KSIA.

L’ambition no 2 :

Concevoir cet aéroport comme un moteur de mobilité et de commerce et comme un véritable territoire où vivre.

L’ambition no 3 :

Le King Salman International Airport veut repositionner Riyad au centre des routes aériennes mondiales.

Rien de moins.

Le King Salman International Airport
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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.