Guadeloupe : pourquoi la croisière est un marché en bonne santé

Cette semaine, c’est la Semaine des Îles de Guadeloupe chez Open Jaw Québec. Dans ce dossier ici, nous allons prendre la température de marché de la croisière.

Une entrevue que le Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe a accordée à Open Jaw Québec, nous apprend que durant la dernière haute saison d’hiver 2025/26, la destination a enregistré 297 escales (entendons par « escale » un paquebot ou un navire accostant), dont 11 ont été des escales inaugurales.

Ce sont sans doute là un indice de bonne nouvelle. Mais dans quelle mesure?

Nous avons posé la question à Maïté Marie-Antoinette, directrice du Développement des Marchés de la Demande, au Comité du Tourisme de la destination.

« La Guadeloupe veut développer ce marché et la chance que nous avons, c’est que nous ne disposons pas que d’un seul port d’accueil pour les paquebots et navires, explique Maïté. Il y a le port de Point-à-Pitre, qui reste évidemment le pilier, mais aussi le port de Deshaies, qui accueille des bateaux plus petits et plus haut de gamme et positionné sur le luxe, mais aussi les ports sur Basse-Terre et sur Marie Galante.

« L’activité de la croisière nous permet d’avoir un rayonnement sur l’ensemble de l’archipel. Donc c’est un marché en développement à l’échelle mondiale, mais également chez nous. »

Open Jaw Québec : avez-vous une idée du rendement qu’aura la croisière à la haute saison prochaine?

Maïté Marie-Antoinette : au cours de la saison prochaine, nous prévoyons accueillir 311 escales.

Open Jaw Québec : la Guadeloupe craint-elle une éventuelle problématique si les passagers croisières deviennent trop nombreux pour la destination, comme d’autres destinations le constatent?

Maïté Marie-Antoinette : nous voyons ce marché plutôt d’un œil positif. Parce que nous avons cette volonté d’accueillir des bateaux de taille un peu plus petite. Notre capacité d’accueil ne nous permet pas d’accueillir les plus gros bateaux. Nous nous orientons davantage sur l’accueil de bateaux plus petits mais aussi plus haut de gamme. Nous accueillons par exemple les bateaux Ritz Carlton, les bateaux de la compagnie Ponant, celui du Club Med.

Ces bateaux sont plus petits, mais ils apportent avec eux des revenus plus importants pour nous.

Selon Maïté, il y aura une exception, la saison prochaine, pour les Îles de Guadeloupe :

« Nous accueillerons le MSC World Europa, qui compte, oui, 6 700 passagers, mais la clientèle de ce paquebot est de catégorie haut de gamme. Ce paquebot devait effectuer des croisières au Moyen-Orient mais compte tenu du contexte géopolitique là-bas, la compagnie a décidé de revoir l’itinéraire de ce paquebot et de le basculer sur les Caraïbes, avec escale sur Pointe-à-Pitre notamment. »

Voyageur à séduire

Maïté reconnait cette dynamique fort intéressante avec les croisières : chaque passager croisière qui débarque sur une île, le temps d’une escale, devient un voyageur à séduire pour qu’il revienne en formule séjour : « la plupart des passagers des croisières qui font escale chez nous, et qui proviennent du Canada, d’Allemagne ou encore d’Angleterre, signalent un intérêt de revenir dans les Îles de Guadeloupe pour y faire un séjour.

« Et on devine la suite : le passager haut de gamme d’un bateau haut de gamme s’offrira certainement un séjour haut de gamme dans la destination de son choix, comme ici dans notre archipel. »

Croisière = surtourisme?

Selon les données que nous avons consultées, les Îles de Guadeloupe accueillent environ 300 000 passagers croisières par année. « Nous ne parlons pas d’une fréquentation qualifiée de surtourisme chez nous. C’est un nombre relativement correct par rapport à la taille de l’archipel et on parle d’un tourisme qui est responsable de retombées qui sont économiques positives et d’un tourisme dont les passagers sont des intentionnistes pour du tourisme de séjour par la suite » souligne Maïté Marie-Antoinette.

Passager croisière, un visiteur essentiellement d’hiver?

Le marché de la croisière des Îles de Guadeloupe laisserait entrevoir une volonté de se développer durant la saison d’été, mais aussi durant toute l’année. Comment cela s’explique?

« Dans les Îles de Guadeloupe, il y a une caractéristique particulière et intéressante à observer quand on parle de la croisière : il faut savoir que les Guadeloupéens eux-mêmes sont de très grands consommateurs de croisières. Plusieurs profitent aussi de cette façon de visiter le bassin caribéen et plusieurs prennent part à ce mode de découverte, explique Maïté.

« Prenons en exemple la compagnie de croisière Costa. Les plus gros vendeurs de croisières Costa, actuellement, ce sont les agences de voyage guadeloupéennes!

« Cela dit, l’offre des croisières à l’année, elle est à venir. Elle est en cours de discussion. »

Source : France Info Guadeloupe

Demain, nous parlerons de surtourisme, de technologies et outils à la disposition des conseillers en voyage.

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Isabelle Chagnon
Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.