Les 5 événements les plus marquants de l’industrie de l’aviation en 2022

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Avion volant dans le ciel

En 2022, nous avons assisté à un retour en force du trafic aérien. C’est pendant cette période que certaines compagnies aériennes ont réalisé leurs premiers bénéfices depuis le premier trimestre de 2020.

C’est aussi pendant cette période qu’ont eu lieu des perturbations opérationnelles majeures et qu’on a assisté à des « tarifs plus élevés qu’à la normale », car la demande demeurait forte, alors qu’il y avait moins d’avions en circulation dans le ciel.

Voici les 5 événements qui ont le plus marqué l’année 2022 et qui auront le plus de répercussions sur les voyages futurs, selon Forbes.

1. La fusion de Spirit avec JetBlue

En février 2022, Spirit Airlines et Frontier Airlines ont annoncé leur intention de fusionner. La transaction semblait inévitable pour plusieurs, car les compagnies aériennes partagent un modèle commercial à « très bas prix », et le principal propriétaire de Frontier ainsi que son PDG provenaient tous deux de chez Spirit.

Alors que le monde réfléchissait à ce que cette fusion pourrait signifier pour l’industrie de l’aviation, JetBlue en a surpris plus d’un, avec une offre qui paierait aux actionnaires de Spirit une prime plus importante que celle offerte par Frontier.

Après plusieurs tentatives infructueuses pour obtenir l’approbation des actionnaires de Spirit, il est devenu clair que ces derniers préféraient l’accord proposé par JetBlue. Fin juillet 2022, le conseil d’administration de Spirit a officiellement rejeté l’offre de Frontier et a accepté les conditions de JetBlue, créant ainsi ce qui allait devenir le cinquième plus important transporteur américain, avec 9 % des parts de marché.

La transaction est toujours en attente d’approbation par les autorités et devrait être finalisée d’ici mai 2024.

2. Boeing, qui ne lancera pas de nouvel avion de taille moyenne avant… 2035

Boeing, fier constructeur américain, a annoncé plutôt discrètement qu’il ne sortirait pas de nouvel avion de taille moyenne avant au moins 2035. Selon Forbes, cela signifie qu’une entreprise qui normalement est réputée pour ouvrir la voie et innover dans le domaine de l’aviation, passera la prochaine décennie avec un avion conçu dans les années 1960, soit le Boeing 737.

Cela ouvre la porte à plus de concurrence et permet au principal rival du constructeur américain, Airbus, d’innover pendant ce temps. C’est ce que l’avionneur européen a fait.

Selon Forbes, repousser cette décision pendant si longtemps suggère que Boeing accorde moins d’importance qu’auparavant à l’aviation commerciale.

Boeing a également déplacé son siège social de Chicago, dans l’Illinois, à Arlington, en Virginie, juste à l’extérieur de Washington, DC. Cela suggère que sa « solide division de conception et de fabrication d’avions militaires » devient plus importante.

Pendant ce temps, Airbus a misé gros sur l’hydrogène et la réduction de son empreinte écologique. Bien que la compagnie ne se soit pas engagée à produire un avion à hydrogène avant au moins 2035, l’offre de base de l’A320NEO et de ses variantes est plus récente que celle du 737 de quelques décennies.

Airbus a aussi fixé des jalons pour sa mission « zéro émission » afin de s’assurer qu’elle atteint cet objectif. Pendant ce temps, EasyJet, un opérateur d’Airbus, et le motoriste Rolls Royce ont fait fonctionner avec succès un moteur d’avion à hydrogène en novembre.

Selon Forbes, les actions de Boeing sont « préoccupantes pour une entreprise si importante pour l’aviation », car cela laisse entendre que la compagnie n’est pas en mesure de suivre le rythme d’un monde qui « évolue très rapidement ».

Cela pourrait avoir des répercussions importantes sur l’industrie de l’aviation au cours de la prochaine décennie.

3. Les opérations « chaotiques » de l’été 2022, qui suscitent la colère du secrétaire du DOT

L’été 2022 a été difficile pour l’industrie de l’aviation. Lorsque la pandémie a frappé, les compagnies aériennes ont été rapides à réduire leur capacité mais ont eu plus de difficulté à la rebâtir, lorsque l’industrie était prête à prendre son envol de nouveau.

Rejetant le blâme sur les pénuries de personnel, les mauvaises conditions météorologiques et même sur le contrôle du trafic aérien, les compagnies aériennes ont procédé à un grand nombre d’annulations de vols pendant cette période. De nombreux retards ont aussi eu lieu.

En août, le secrétaire du ministère américain des Transports (DOT), Pete Buttigeig, a demandé publiquement aux plus grandes compagnies aériennes américaines d’améliorer leur service. Il déclaré que les annulations de vols étaient « inacceptables ».

Cependant, rejeter uniquement le blâme sur les compagnies aériennes a été considéré par plusieurs comme une « vision à court terme », car les problèmes concernaient également les aéroports, le sytème de contrôle du trafic aérien et même les syndicats.

Le rôle des régulateurs et des gouvernements dans le dossier demeure incertain alors que l’industrie s’apprête à entamer la nouvelle année.

Le secrétaire du DOT a précisé que les compagnies aériennes seront toutefois tenues « responsables des problèmes », et ce, même si elles ne sont pas en mesure de les résoudre seules.

4. La fermeture de l’espace aérien russe à 36 pays dont le Canada

La guerre en Ukraine a affecté l’industrie du transport aérien de plusieurs manières. La fermeture de l’espace aérien russe à de nombreux pays qui soutiennent l’Ukraine, notamment la France et le Canada, a occasionné de nombreux maux de tête aux compagnies aériennes, qui ont dû procéder à un grand nombre de détours et d’annulations.

Les vols de l’Europe vers et au départ de l’Asie ont été les plus touchés, en particulier ceux volant depuis la Scandinavie et d’autres plaques tournantes du nord.

5. Le retour en force des voyages après la pandémie

En dépit des défis opérationnels qui ont marqué l’été 2022, les compagnies aériennes étaient heureuses de reprendre la voie des airs après plus de deux ans de restrictions. Tandis que le nombre de voyages d’agrément a atteint des niveaux similaires à ceux d’avant la pandémie, le segment des voyages d’affaires, lui, demeure plus incertain.

La plupart des compagnies aériennes du nord ont déclaré avoir enregistré des chiffres d’affaires équivalant à environ 80 % du volume de 2019, mais ce sont aussi des tarifs plus élevés qui leur ont permis de se rapprocher des revenus engrangés en 2019.