Les dossiers qui seront traités par le FICAV, et comment

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Toujours dans le cadre des deux conférences Zoom, organisées la semaine dernière par l’Association des Agents de Voyages du Québec (AAVQ) et l’Association des Tours Opérateurs du Québec (ATOQ), et auxquelles Open Jaw Québec a assisté, il a été question des dossiers qui seront traités par le FICAV, et comment.

Voici quelques démonstrations et commentaires des participants à ces deux conférences.

Howard Liebman, membre du CA de l’ATOQ et directeur principal, affaires gouvernementales et communautaires chez Transat

Howard Liebman, membre du CA de l’ATOQ et directeur principal, affaires gouvernementales et communautaires chez Transat: « Soyons clairs : le fédéral va financer uniquement le volet aérien. Pas du tout le terrestre. »

Joane Tétreault, présidente de l’ATOQ et pdg de Skylink Voyage

Joane Tétreault, présidente de l’ATOQ et pdg de Skylink Voyage : « Maintenant que du côté fédéral, il semble y avoir un processus qui est enclenché pour pouvoir régler avec les grands joueurs, on doit rapidement se tourner vers l’OPC. Parce que le Fonds de l’OPC pourra être utilisé selon certains critères, et sur lesquels on aimerait bien intervenir, bien évidemment. »

Moscou Côté, président de l’AAVQ : « Présentement, il y a environ 35 000 réclamations au FICAV, à environ 3 000 $ chaque, on arrive à 110, 115 millions $. Une fois que le gros de ces réclamations va être réglé par Air Canada, Transat et sans doute Sunwing et les autres – le cas échéant, parce que ce n’est pas encore fait – on devrait avoir de l’aide. Qu’on s’entende : le FICAV n’a pas prévu une situation comme celle de la pandémie, qui arrive aux cent ans. Donnons-nous de 3 à 6 mois. »

Éric Boissonneault, vice-président de l’AAVQ : « Dans le cas des dossiers de remboursements problématiques, ou plus spécifiques, ou pour les dossiers au cas par cas, les dossiers d’exception, il vaut mieux attendre. Mais c’est ok, on a encore du temps, la date limite est le 12 juin. »

Moscou Côté, président de l’AAVQ

Moscou Côté : « Le cadre du processus habituel du FICAV prévoit une rémunération pour l’agent de voyages – dans ce cas-ci un tour opérateur. Et nous, ce qu’on va faire, c’est de s’assurer que le montant soit bonifié pour qu’il y ait une partie qui restera au tour opérateur, et une partie qui sera payée à l’agent de voyages. »

On comprend mieux, mais il y a encore deux questions sans réponse…

Claude St-Pierre, directeur général de Tours Chanteclerc

Claude St-Pierre, trésorier de l’ATOQ et directeur général de Tours Chanteclerc : « Cela étant dit, aujourd’hui, il y a encore une question sur la table à laquelle on ne peut même pas répondre : une fois qu’il y aura eu les règlements des quatre gros (Air Canada, Sunwing, Transat, WestJet), est-ce que le Fonds sera suffisamment garni ? On n’a même pas la réponse. C’est certain que le règlement avec Air Canada (et Transat, NDLR) – et la division VAC – vient d’enlever un très gros montant de ponction possible au FICAV. Mais de combien? On ne le sait pas.

« Et une autre question demeure : en supposant que tous les transporteurs adoptent un règlement similaire à celui d’Air Canada, est-ce qu’il y a encore assez d’argent dans le Fonds pour rembourser les consommateurs à hauteur de 1 $ pour 1$? Nous n’avons aucune idée du nombre de réclamations en dollars. L’OPC a toujours mentionné le nombre de dossiers, mais on ne connait pas la valeur totale. Et cette partie du dossier, elle est très frustrante. »

Forfait avec composante transport aérien : un cas particulier

Moscou Côté : « Un forfait qui a une composante Air Canada – et qui n’est pas un forfait Air Canada ou Vacances Air Canada – n’est pas remboursable. Exemple : pour un forfait qui a coûté 5 000 $ (hôtel, transferts, croisière, vol), le client n’a pas la ventilation du prix. Parce que le vol est une composante à même le prix. »

Éric Boissonneault, vice-président de l’AAVQ

Éric Boissonneault : « Si vous êtes capables de dire la valeur du billet d’avion dans la facture, appelez-moi! On n’est pas capable de connaître cette valeur. On ne le sait pas. Oui, la composante du vol Air Canada est remboursable, mais quelle est sa valeur? On ne le sait pas. »

Alors comment on fait?

Éric Boissonneault : « Voici ce que les grossistes s’apprêtent à faire : ils vont aller chercher l’argent de Air Canada. Ensuite, le dossier devient un dossier FICAV. La loi du FICAV est exactement bâtie pour ces situations-là. En court : pour un forfait de 5 000 $ de votre client :

-votre client fait une réclamation au FICAV

-le FICAV paye le 5 000 $ à votre client

-le FICAV se tourne vers le voyagiste et demande : où il est le 5 000 $?

-le voyagiste dit : « j’ai réussi à obtenir 1 000 $ d’Air Canada – donc j’avais décaissé 1000 $ sur le 5000$ »

-le FICAV va répondre : « ok, donne-moi le 4 000 $. »

En résumé : si, sur une facture d’un forfait, il n’est pas clairement indiqué le montant d’argent payé pour la portion aérienne, ce dossier client devient un « dossier FICAV ».

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Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Laval, Isabelle débute sa carrière de journaliste en voyage en 1995. Ses articles et reportages ont voyagé dans les magazines L’agent de voyages, Voyager et Tourisme Plus, Atmosphère d’Air Transat et le Journal Le Devoir, entre autres. Elle est co-autrice de quatre guides chez Rudel Médias (25 destinations soleil pour les vacances) et aux Éditions Ulysse (Voyager avec des enfants, Fabuleux Alaska/Yukon, Longs séjours à l’étranger). Depuis 2006 aussi, elle présente des conférences devant public.