Aranui 5 : un navire pas comme les autres aux rayons X

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Pont passagers à bord de l’Aranui 5

Dossier. Un paquebot ou une péniche, l’Aranui 5? Combien de passagers voyagent à bord? C’est comment, la vie à bord? Portait d’un navire et son histoire pas comme les autres…

Fiche technique de l’Aranui 5

-navire dit « mixte » (cargo et passagers)

-section passagers moitié arrière du navire (cabines, restos, bars…), section cargo moitié avant (conteneurs contenant fournitures scolaires, produits alimentaires, meubles, matériaux, vélos, chevaux, voitures…)

-année de construction : 2014/2015; début de sa carrière : décembre 2015

-capacité passagers : 295

-membres d’équipage : 115

-ponts : 9; ascenseurs : 2

-cabines : 108

-débarquement/embarquement & transfert aux escales : à quai ou à bord d’une barge (places assises, embarcation robuste à ciel ouvert)

-infirmerie, salle de spa, salle d’entraînement physique, salle de tatouage, salle de lavage.

Le service aux passagers selon l’Aranui 5

-approche amicale et décontractée de la part de tous les membres d’équipage (le tutoiement poli et chaleureux est systématique pour la majorité)

-en cabine : changement des draps/serviettes aux 3 ou 4 jours, eau et jus dans le mini-frigo (renouvelable avec frais)

Pont avant cargo de l’Aranui 5, manoeuvres à l’oeuvre

-possibilité d’échanger de l’argent liquide à la réception (frais fixes de 600 francs du Pacifique par transaction, peu importe le montant de la transaction (20 ou 2000$)) et d’obtenir de l’argent depuis sa carte de crédit (frais fixes de 600 francs du Pacifique par transaction + 4 % de comm)

-soins de santé : infirmier et médecin à bord, accessibles 24 h/24, escortes durant les escales, consultation $, intervention $, médicaments $ (médicaments contre le mal de mer gratuits)

-eau potable : des fontaines d’eau potable sont disposées à plusieurs endroits

-Covid : en cas d’infection, quarantaine obligatoire en cabine pendant 5 jours (livraison des repas en cabine), suivi médical

-philosophie de la vie à bord : favoriser les rencontres et les échanges entre passagers et membres d’équipage, durant les repas et en soirée, aussi bien au bar qu’en salle à manger

-philosophie qui explique pourquoi les excursions sont systématiquement offertes : encadrer et escorter les pax durant les escales pour éviter les retards à l’horaire et les disparitions des plus adeptes de l’aventure – c’est arrivé en 2016 : un passager de 70 ans est parti seul, sur une île durant une escale, en randonnée matinale sur les traces des monarques. Il s’est perdu, une opération de recherche a été lancée par des chasseurs de cochons sauvages (c’est un vrai métier aux Îles Marquises!), il a passé la nuit sous un arbre puis a été retrouvé le lendemain seulement.

L’Aranui 5 aux Îles Marquises

Historique de la compagnie

-début de la compagnie en tant que cargo : 1954

-objectif de la famille fondatrice : aller vendre, sur les îles éloignées, la marchandise qui peine à trouver preneur dans le magasin familial situé à Papeete – et en profiter pour rapporter du copra à Tahiti pour le commercialiser

-de 1954 à 1978 : le cargo dessert les îles des archipels Tuamotu et Gambier (on est toujours en Polynésie française ici)

-ajout des îles Marquises en 1978

-début des années 1980 : les îles Tuamotu et Gambier sont retirées du programme; on souhaite se concentrer sur les îles Marquises

-service cargo uniquement jusqu’en 1984

-ajout d’une section passagers à bord en 1984 (pour des raisons de survie financière de la compagnie en raison des coupures de subventions du gouvernement); l’Aranui 1 voit le jour en tant que « cargo mixte » et accueille 27 pax

-signification du nom de baptême Aranui : « grand chemin »

-le nombre de passagers accueillis à bord ne cessera de grossir au fil des remplacements du navire pour une version suivante améliorée : Aranui 2 : 90 pax, Aranui 3 : 160 pax (les cabines avec balcon font leur apparition); Aranui 5 : 230 pax (vous avez bien lu : il n’y a jamais eu de « Aranui 4 » : ce chiffre porte malchance en Chine, pays d’origine des fondateurs de la compagnie).

Photos : Isabelle Chagnon